contact@lejournaldesandy.fr

My life part 2

2001

2001, suites… C’est une année quelque peu particulière, un nouvel évènement va venir se mêler à une histoire déjà bien chargée. La mère de ma femme, atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis déjà environ deux ans, va mettre un tournant à notre couple. En effet, ma femme fait la navette entre la maison et chez sa mère, son état se dégrade et celle-ci n’est plus en mesure de s’assumer seule, elle se déplace difficilement, oublie les repas. Il faut prendre des mesures, mais quelles mesures, je vais donc prendre une décision des plus importantes, alors que nous sommes depuis quelques années dans un logement des plus confortable et totalement adapté à notre situation, je propose à mon épouse de déménager, pour pouvoir prendre sa mère à la maison. Elle est très surprise par ma proposition, mais accepte sans conditions, nous voila donc à la recherche d’une maison pouvant accueillir notre couple, sa mère et en prévision de nos projets de vie, le futur enfant qu’elle souhaite depuis déjà un certain temps. Le projet est ambitieux, mais pas insurmontable, nous travaillons tous les deux à temps plein et salaire cumulé, nous avons plutôt des revenus confortables. Quelques mois vont s’écouler malgré tout, mais nous arrivons à trouver un pavillon avec trois chambres dont une au rez-de-chaussée, c’est typiquement ce dont on avait besoin. Par chance, j’arrive à négocier un mois de préavis de départ auprès de notre bailleur à la vue de la situation, ce qui, je ne le cache pas, nous facilite énormément côté financier. Encore une fois, un gros chantier s’annonce, il va falloir faire du tri, impossible de rentrer deux appartements, le choix des meubles va devoir être nécessaire. De son côté, sa mère possède une très belle salle à manger de type espagnole, en chêne massif, assorti d’un bel ensemble canapé fauteuils en cuir, les choix se font de manière à déstabiliser le moins possible ma belle-mère, de ce fait, nous ne conservons que notre chambre et la cuisine. Le déménagement ce fait printemps 2001. 

Durant toute cette période, nous nous efforçons à ce que mon épouse tombe enceinte, mais rien n’y fait (pourtant j’y mets beaucoup de volonté, 😒), sur conseil de son gynécologue, fin d’année, nous commençons tout un tas d’examen, qui ne donne rien de probant. Aucun problème trouvé… 🤷‍♀️ 

De mon côté, pas de changement, je m’habille de plus en plus souvent en femme, et désormais, je ne porte plus que de la lingerie féminine (string, bas résille), mes insomnies s’aggravent de plus en plus, très souvent, la nuit, je me lève, car il m’est impossible de m’endormir, je me prépare, et j’enchaine les photos à l’aide de mon appareil photo numérique, photos que je transfèrent sur mon ordinateur, pour pouvoir en disposer quand je n’ai pas la chance de pouvoir me mouvoir comme bon me semble. Mes journées commencent à être mes pires cauchemars, je ne m’assume pas du tout, seule mon épouse est au courant de ma transidentité, et jonglé entre les moments avec sa mère et mes besoins deviennent très vite compliqués pour ma part, du fait que je dorme très peu, j’accumule beaucoup de fatigue, j’ai régulièrement des crises d’anxiétés que je gère du mieux que je peux.

2002

Une année de plus, encore une année des moins ordinaires, celle-ci va m’apporter son lot de joie et de tristesse. Nous vivons très bien dans notre nouveau pavillon, ma belle-mère est très peu dérangeante, nos amis toujours présents et ceux depuis plusieurs années, bref une vie des plus ordinaire, pour des personnes ordinaires, ce qui est loin de mon cas, le train-train quotidien, la magnifique carte postale de la vie de famille parfaite. D’un autre côté, je m’enferme de plus en plus, mes obsessions deviennent de plus en plus forte, je commence à prendre conscience de qui je suis réellement, mais je n’ai toujours aucune idée de comment résoudre mes problèmes d’identité, je n’ai ni la force ni le courage de devenir qui je suis, j’assume tant bien que mal mon rôle  » d’homme de la maison », mais au fond de moi, je suis triste au plus haut point, je souhaiterais tellement que tout s’arrête, ou que tout explose, mais mes recherches m’ont fait comprendre que tout est loin d’être si simple. 

Cette année, je vais trouver un projet auquel me raccrocher, même si je n’ai pas un bac en math, je comprends très vite que vu le loyer que l’on paye pour notre location, nous pourrions trouver un terrain sur lequel construire notre maison. Je me mets donc à la recherche d’un terrain, je ne souhaite pas vivre dans un lotissement, et quelque mois plus tard, je vais tomber sur « l’annonce« , celle qui va me permettre de retrouver gout, de continuer. Depuis ma plus tendre enfance, chaque été, je me rends au lieu dit « réals », une rivière traverse cet endroit qui pour moi est magique. Fin d’été, nous faisons donc l’acquisition d’un terrain à l’emplacement d’une ancienne vigne de 1200 mètre carré, non viabilisé, pour une somme des plus abordable. Cela me réjouit énormément, le défi, à la hauteur de mes attentes… 

Seule ombre au tableau, mon épouse n’est toujours pas enceinte, ce malgré deux inséminations et une multitude d’examens, moi y compris…

Durant cette même période, ce sont les vacances d’été, mon épouse et moi avons prévu d’aller en Espagne rendre visite à l’une de ses tantes et à ses cousins, accompagné de ma belle-mère, c’est la seule à parler espagnole 😂. Nous avons prévu d’y passer dix jours, donc il nous faut trouver une solution en ce qui concerne nos animaux domestiques, car nous avons deux chiens et deux chats. Solution vite trouvée, ce sont mes parents qui vont venir à la maison pendant notre absence. Jusque-là, pas de problème, enfin, je n’en voyais pas… Le jour du départ arrive, et mon père va me faire une demande à laquelle je ne peux lui dire non. « je peux me servir de ton ordinateur« .  Bien évidemment que oui, sauf que dans celui-ci se trouve mon dossier photo, et sur le moment, je n’ai vraiment pas vu de problème… Les vacances se passent parfaitement bien, nous passons de très bons moments, tout le monde est ravi. Vient l’heure du retour, et c’est extrêmement chargé que nous rentrons direction la maison. Après avoir conduit toute la nuit, nous arrivons à Béziers, nous y retrouvons mes parents. Nous dinons ensemble, discutons de notre séjour, jusqu’au moment où mon père demande à me parler à l’écart, je le suis… À ce moment, je n’ai aucune idée du sujet sur lequel il veut échanger, mais je comprends très vite quand il me dit « bon, je suis tombé sur ton dossier photo sur l’ordi« , bien sûr… 😔 cette fois, je ne peux pas éviter la situation, nous échangeons sur mon mal-être durant un bon quart d’heure, mais cette fois-ci, pas de leçon de moral, il prend en compte mes besoins, les comprends. À la fin de notre discussion, il me prend dans les bras, m’embrasse tendrement, et me dit  » si ça te rend heureux, fais-le, mais surtout, fais bien attention à toi« . Nous rentrons, et ma mère n’en saura toujours rien à cette époque, n’ayant toujours pas fait mon coming-out, il va le garder pour lui, et puis le projet de la maison arrive, c’est ensemble que ça va se faire…

L’automne pointe le bout de son nez, notre projet de maison avance, je travaille avec mon père sur les plans de notre future habitation. Elle sera simple, modeste, mais fonctionnelle. Dans le même temps, mon épouse décide d’arrêter tout traitement pour être enceinte. Elle désespère, n’arrive plus à y croire. De mon côté, je me dis que c’est un signe du destin… 🤷‍♀️

2003

Ecriture en cour…