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Février 2026

🗓️ Février 2026

Temp de lecture: 8 à 9 minutes

Introduction

  • Ce mois de février est le mois de ma dernière intervention chirurgicale. Elle marque également la fin de mon parcours de transition. Quatre ans, un mois et dix-sept jours se sont écoulés depuis mon premier jour de prise des hormones. C’était le 15 décembre 2021, jour de ma renaissance, celui qui a tout changé à jamais, et m’a permis de devenir cette femme forte que je suis aujourd’hui. Mais, dans la vie, malheureusement, toutes les belles choses, histoires ont une fin.

Ce chapitre va très clairement être un des plus difficiles pour moi à écrire. Entre douleurs et déceptions, le chemin le plus dur n’est pas forcément celui que l’on croit. Pour celles et ceux qui m’ont lu depuis le début, je ne suis pas sans vous apprendre que j’ai traversé bien des tempêtes et des tourments. Mais, il est nécessaire de faire face quand les désillusions se présentent à nous. Une nouvelle fois, j’en fais les frais, cependant à aucun moment je n’ai le moindre regret d’avoir cru en mes rêves de petite fille. Je vous invite donc à prendre une grande respiration avant de commencer à lire ce chapitre, l’histoire y est complexe, et pour ne rien vous cacher, c’est un moment de ma vie dont je me serais parfaitement passé. Je vous souhaite une bonne lecture

Sandy ❤️

🏥

Ma semaine d’hospitalisation
ma vaginoplastie

Dimanche 01

Le départ pour Lyon est prévu à 4 h 45, de ce fait, je me lève à 3 h 45. De toute façon, compte tenu de mon régime alimentaire préop, je n’ai uniquement droit qu’au thé pour le petit déjeuner. C’est doucement, avec une sérénité certaine, que je me prépare pour ce trajet. Chose faite, mon chauffeur arrive comme prévu, le temps de lui offrir un café et nous prenons la route à 4 h 50. Nous nous connaissons, c’est le deuxième trajet pour Lyon que je fais avec lui, le premier datant de 2023, lors de ma première intervention, sans compter qu’il m’a également emmenée à Toulouse en 2024.

Au fil de la route, c’est devenu une bonne connaissance, il est très attentionné avec sa clientèle. Vu le temps que l’on va mettre, il est impératif de voyager avec un chauffeur qui a du dialogue. Deux haltes plus tard, il est 10 h 50 quand nous arrivons à l’hôpital Jean-Mermoz. Il m’aide à faire mon entrée, porte mes affaires jusqu’à la chambre, la 451 pour être plus précise. Un dernier échange, il me souhaite bon courage, et me donne rendez-vous dans dix jours pour le retour.

Je prends possession du lieu, installe mes affaires de manière à pouvoir y accéder facilement lorsque je vais être alité durant plusieurs jours (l’expérience de la première chirurgie), et je me détends dans l’attente du passage des infirmières. Une première passe et me fait le briefing de la soirée qui m’attend. Puis, n’ayant pas ma carte de groupe sanguin sur moi, j’ai le droit à ma première prise de sang. La soirée va être longue, je n’ai pas le droit au repas du soir, et vu le choix de mon intervention (sigmoïdienne), je dois absorber, tard dans la nuit, 3 litres de liquide afin de me vider au maximum les intestins. Il est 2 h 20 du matin quand je me couche enfin, et contre toute attente, et ce malgré l’adrénaline de l’opération, je trouve tout de même le sommeil, la fatigue de la route et des soins à raison de moi.

Lundi 02 Le jour J

Il est 5 h 30 quand l’infirmière vient me réveiller, prendre mes constantes, et me rappeler le but de l’intervention. Je me rendors jusqu’à 6 h 15, moment où l’on vient me chercher pour m’amener au bloc. Encore un peu d’attente dans une salle, et il est 7 h 10 quand je rentre dans la salle d’opération. Mon chirurgien principal est là, il me salue, vérifie que je vais bien et s’installe devant son ordinateur. Du monde s’affaire autour de moi, infirmières, anesthésiste, préparateur, c’est l’heure… 7 h 30, on me met le masque, on me demande de me détendre, et je m’endors paisiblement… Aux chirurgiens de jouer, c’est l’heure de vérité.

Bien plus tard, je reprends mes esprits dans la salle de réveil, très péniblement. Je suis cloué sur le brancard, j’ai froid, je tremble. Contrairement à ma précédente intervention, le retour à la réalité est brutal… C’est avec grande difficulté que je retrouve quelques forces avant d’être reconduit en chambre. Je saisis mon téléphone que j’avais laissé à portée de mon lit, il est 13 h 40. À bout de force, je me rendors jusqu’au milieu de l’après-midi. À mon réveil, je commence à ressentir les premières douleurs, elles sont principalement focalisées sur le bas-ventre, je n’arrive pratiquement pas à bouger.

  • Bien qu’affaibli, je trouve la force d’appeler mon conjoint quelques minutes, j’imagine, vu mon état, qu’il n’est pas des plus rassurés de me voir ainsi, et j’envoie deux-trois SMS afin de rassurer mes amis proches. Et, à nouveau, je tombe de sommeil, les seuls moments où j’ai les yeux ouverts, c’est lors des nombreuses prises de constantes qui me sont prodiguées durant les premières vingt-quatre heures.

Mardi 03

Sous morphine, les douleurs sont modérées, à l’exception du bas-ventre qui me tire dès que je tente de bouger un minimum. Après un jeûne contraint, en ce début de matinée, on me propose un thé, c’est la seule chose tolérée, mon régime préop reste valable le reste de la semaine que je passerai à l’hôpital. Une nouvelle fois une chose me tourmente, ce sont les jambières de compression afin d’éviter tout risque de phlébite. C’est particulièrement dérangeant pour dormir, et dans le but de souffrir un minimum, c’est ce que je tente de faire autant que possible, malgré le passage régulier des infirmières.

De ce fait, cette journée et le lendemain, j’alterne entre sommeil, soin, prise de constantes régulières. Entre deux périodes de repos, je ne manque pas de téléphoner à mon conjoint, j’ai tant besoin de lui en ces moments difficiles. Simplement entendre sa voix me rassure et me procure un bien-être. Mais nos échanges restent factuels, Je sens que mon état le bouleverse, il subit son impuissance face à ma douleur, et malgré ma propre faiblesse, je ne peux m’empêcher de relativiser pour le ménager.

Dans le même temps, j’ai beaucoup de mal à m’alimenter, hormis les soupes et les yaourts, il m’est impossible d’avaler quoi que ce soit de solide. Cela me provoque immédiatement des nausées. En effet, depuis mon intervention, j’ai énormément de gaz, ceci me provoque de fortes douleurs et crampes au ventre et à l’estomac.

  • J’ai eu beau me préparer psychologiquement, je n’avais pas pris la mesure des effets post-op. Ceci sont beaucoup plus important que ce que je m’étais imaginé. Le moral n’est pas au beau fixe, je suis seule, je sais par avance que je ne vais avoir aucune visite, et j’ai beau relativiser, me voir aussi diminuée est très difficile. J’accuse le coup… 😣

Jeudi 05

Je suis toujours malade, encore de grosses difficultés pour m’alimenter, mais j’ai repris un peu de force. Mais, en cette journée, ça va être une libération. En effet, vers 11 h 00, la visite des infirmières n’est pas sans me ravir. Elles m’annoncent qu’on me retire enfin les jambières de contention. Celles-ci sont remplacées par une paire de chaussettes de contention. De plus, sous leur surveillance et avec leur aide, j’ai le droit de me lever, et je peux également faire ma toilette dans la salle de bain. J’ai tout de même des difficultés à me tenir entièrement droite, certaines douleurs me rappellent à l’ordre. 

Elles m’informent par ailleurs que je vais avoir la visite du kiné pour ma première marche dans le couloir. Cette nouvelle me ravit, je vais enfin pouvoir me déplacer, et aller prendre un peu l’air frais dans le jardin de la cour de l’hôpital. Peu avant le repas, le voilà, il me prodigue quelques conseils, et nous sommes partis pour une petite balade dans le couloir du service. Tout se passe parfaitement bien…

  • J’obtiens enfin l’aval pour me rendre au rez-de-chaussée afin de pouvoir me prendre un thé à la cafétéria, et aller vapoter après ces quatre jours d’abstinence. À compter de cette journée, mon séjour prend une nouvelle dimension, je deviens libre de mes déplacements, et je gagne en autonomie.

Vendredi 06

En cette journée, les premières améliorations se font sentir. La fatigue est moins présente, à plusieurs reprises dans la journée, je me rends au jardin pour prendre l’air et vapoter. Chose notable également, lors du repas de midi, je suis arrivée à avaler un petit pain et un bout de fromage, en plus de ma soupe bien sûr… C’est donc sur cette petite victoire que, dans l’après-midi, je suis heureuse de contacter mon compagnon pour l’informer de ces nouvelles. Mais, malgré cela, je trouve tout de même son attitude distante. De son côté, lui m’informe que samedi soir il va se rendre au club où nous nous sommes rencontrés, n’étant pas sorti depuis le réveillon du jour de l’an. Pour ma part je lui souhaite de passer une bonne soirée, nous connaissons du monde et je suis certaine qu’il va revoir les copains et copines.

La fin de l’après-midi se déroule parfaitement, je suis très nettement moins fatiguée, je trouve même un moment pour jouer avec ma console portable à mon jeu du moment. Arrive 18 h 30, le repas arrive…

  • Contre toute attente, je vais le dévorer en intégralité, mon premier vrai repas depuis maintenant cinq jours.  Une petite victoire de plus au compteur !!! 🤩 À la vue de ces éléments, me voici quelque peu plus détendu, progressivement j’avance vers une convalescence plus paisible…

<<interlude>>

« À ce moment précis, je me dois de faire cette interlude. »

De toute façon, la journée de samedi se déroule tranquillement, une journée ordinaire à l’hôpital, mon état s’améliore, aucune ombre au tableau…

Depuis ma rencontre avec mon conjoint, nous avons toujours été un couple libertin. Régulièrement, nous nous rendons dans des clubs, et c’est même dans ce type de lieu que nous nous sommes connus. Sous couple libertin, j’entends bien que nous avons à plusieurs reprises fait des rencontres, avec qui nous avons passé d’agréables moments. À aucun moment je ne lui ai interdit quoi que ce soit, bien au contraire, il m’est même arrivé d’affiner le contact avec certaines personnes pour que nous puissions profiter tous les deux des occasions du moment.

En revanche, à aucun moment je n’ai fait sous-entendre que nous étions un couple libres, et que chacun pouvait faire ce qu’il voulait de son côté sans le moindre avis de l’autre.

Cette précision devient très importante pour les éléments à venir, chacun(e) est libre de ses pensées. C’est notre choix de vie, et pour ma part je respecte tout et chacun.

Sandy ❤️

Dimanche 08

La journée commence sous les meilleurs auspices, au petit déjeuner je dévore mon plateau, le soleil est là, les oiseaux chantent, bref une belle journée s’annonce. Je passe la majeure partie à jouer à la console et à regarder la télé sur ma tablette. Le temps file à une vitesse folle, il est 15 h 00, je m’aperçois que je n’ai pas encore téléphoné à mon conjoint. J’ouvre WhatsApp et je fais un appel en visio comme d’habitude. Comme les journées précédentes, il me demande comment je me sens, puis nous venons à échanger sur sa soirée.

Il m’indique alors qu’au début il s’est fortement ennuyé puisqu’il y avait peu de monde, et très naturellement il en vient au fait qu’il a rencontré une fille sympa avec qui il a fini la soirée.

  • Puis les choses se précisent, dans un calme des plus olympiens, il développe sur le fait qu’il a coquiné avec elle au club jusqu’à la fermeture. Par la suite il a fini chez elle jusqu’à cinq heures du matin.

    En un instant tout s’effondre, je reste sans voix, je me décompose sur mon lit, incapable de la moindre réaction. À ce moment précis, j’aimerais que la foudre me tombe dessus, la douleur serait moins grande…

Totalement bouleversée par cette nouvelle, je reprends mon souffle et je lui lâche un petit :

  • « Je suis contente pour toi… »

Pour finir sur :

  • « Je suis un peu fatiguée, je vais me reposer. »

Ainsi, je coupe court à notre conversation.

Je mets plusieurs minutes à tenter de comprendre ce qui vient de se passer. J’ai le souffle court, je suis totalement abasourdie, dans ma tête ça file à mille à l’heure, je suis incapable de reprendre mes esprits, pour finir, je fonds en larmes. Puis vient le moment de la culpabilité, je me sens responsable de la situation, nous ne nous sommes pas vus depuis plus d’un mois déjà. Je n’ai pas été en mesure de répondre à ses besoins. Bref !!! C’est un tsunami dans ma tête. Son manque d’empathie et de compassion me sidère… Comment a-t-il pu faire cela, au moment où je suis le plus vulnérable ?

Entre colère et tristesse, je décide d’aller prendre l’air, j’en ai grandement besoin. En sortant de la chambre, je croise une infirmière, elle voit mes larmes, me demande si ça va. Avec la plus grande humilité, je lui réponds que oui, quand bien même il en est tout autrement. C’est dévastée que je prends l’ascenseur pour me rendre dans le jardin…

  • Cette nouvelle déclenche en moi une crise d’angoisse, de stress, les douleurs opératoires se réveillent à nouveau, rien ne va plus… 

Je passe le reste de la journée allongée dans mon lit, le tout dans un état au plus mal. Je n’avale qu’une partie de mon repas, rien ne passe, pour parfaire la carte postale, je reste digne et je fais bonne figure devant le personnel.La nuit, interminable…😭💔


« Celui que je pensais être mon roc, mon soutien de chaque instant, vient de me prouver tout le contraire, le temps s’arrête pour moi… »

Lundi 09

La première…

J’ai très peu dormi, pourtant il va me falloir être forte ce jour, c’est aujourd’hui que je dois pratiquer ma première dilatation. Elle est prévue à 10 h 00. C’est donc totalement exténué que j’attaque cette journée. Il faut que je me reprenne, ma priorité du moment, je dois absolument me détendre. Je ne peux pas me permettre d’attaquer mon premier soin avec une telle dose de stress, je suis tellement contracté que de toute façon ça ne passerait jamais. Heureusement, j’ai toujours dans mon sac des comprimés de Seresta, au cas où… Je décide de ce fait d’en prendre un. Ça fait bien longtemps que j’en ai pas pris, l’effet se fait sentir très rapidement.

Il est 9 h 30, je décide de prendre une pause avant mon soin, je croise Julie, l’infirmière en charge de ma dilatation, qui m’explique qu’elle prépare le matériel avant de me rejoindre dans ma chambre. De retour de ma pause, je regagne mes quartiers, et quelques minutes plus tard, Julie arrive. Dans un premier temps, elle me donne les consignes et me rassure. Elle installe tout le nécessaire, je m’installe sur le lit, et m’y voilà… C’est relativement détendu que j’attaque mon soin, et pour cause…

  • « Ma priorité à cet instant, c’est que tout se déroule parfaitement bien, je suis même félicité de la simplicité avec laquelle j’effectue mon premier acte de dilatation, ce qui me réjouit particulièrement ».

Pour finir, elle me prodigue plusieurs conseils clairs pour la suite de mes soins, et me souhaite bonne continuation. Je savoure cette victoire avec beaucoup de ferveur, à ce moment, j’en arrive à m’exalter…  

C’est l’heure du repas, mais aujourd’hui, malgré la réussite de mon soin, ce qui m’est servi me parait insipide, naturellement l’événement de la veille me tourmente. Une fois de plus je vais devoir être forte, l’angoisse qu’il a générée, je vais devoir y faire face et la gérer du mieux que je peux. A suivre…

🏠

Mardi 10
retour à la maison

Couché tard, levé de bonne heure afin d’effectuer mon protocole de dilatations, il est 6 h du matin quand ma journée démarre. Il me tarde de retrouver mon domicile, mon conjoint doit également être à la maison pour mon retour. Pour la première fois en dix jours, je retrouve une tenue plus adéquate, et je prends soin de moi. Un petit make-up me fait le plus grand bien, je recouvre un minimum de dignité. Alors que je prépare mes affaires pour mon départ, je reçois un message de mon chauffeur. Il m’annonce ne pas pouvoir me prendre, ceci pour des raisons familiales, mais que je n’ai aucune inquiétude à avoir. Il a pris les dispositions nécessaires, un chauffeur avec qui il travaille viendra me chercher. Ceci me déclenche une nouvelle fois du stress. Encore…

10 h 15, je me rends au bureau afin d’effectuer les démarches pour ma sortie. Alors, on me demande si tout s’est parfaitement passé, on me remet le questionnaire de satisfaction à remplir, et après avoir signé tous les documents, je suis fin prête pour le départ. En sortant du bureau, je tombe sur celui qui va être mon chauffeur pour le retour. Il présente bien, il est très avenant, et m’accompagne à ma chambre afin que je récupère mes affaires. Un petit café au rez-de-chaussée avant le départ, 11 h, nous voici dans le véhicule, fin prête pour le départ. Toujours aussi avenant, il vérifie que je sois installé confortablement. 

Le temps de sortir de Lyon nous permet de faire connaissance, sa prestance est égale à sa bienveillance, sa conduite digne d’un grand professionnel, je prends la mesure, mon trajet va être agréable en sa compagnie.  Du fait qu’il a fait la route très tôt, il me propose qu’on s’arrête pour manger un morceau, et insiste, il m’offre le repas. J’apprécie énormément son geste, et accepte. Je lui fais donc une proposition : je connais une aire de repos un peu plus loin qui possède un grill « Charal », et je ne lui cache pas qu’après deux semaines de régime forcé, un bon bout de viande rouge me ferait très plaisir. 

Nous voici arrivés au restaurant, il commande un burger maison avec un steak façon bouchère, et un dessert. Pour ma part, je commande une belle bavette saignante accompagnée de grosses frites maison. Je le remercie à plusieurs reprises pour son geste, et je dévore littéralement mon assiette, 🤩. Une pause-café, vapote avant le départ, et nous reprenons la route la pense bien remplie pour chacun d’entre nous. D’après son évaluation, nous devrions arriver vers 18 h environ. Une petite pause-café vers 16 h 30 nous permet de nous décontracter pendant le trajet. 

Malgré la qualité de mon transport, je me questionne, encore et encore… Dois-je parler avec mon conjoint, ou au contraire faire comme si de rien n’était afin de ne pas remuer le couteau ? Je suis toujours en pleine phase de culpabilité, et je sais d’expérience que quand je suis en stress, il m’arrive de m’emballer pour peu. Mais, quoi qu’il en soit, je suis toujours aussi bouleversé par la situation, et je n’ai aucune idée concluante pour y remédier. Après un an et demi et m’être totalement investie dans cette relation, ma plus grande crainte est que tout explose. Mes sentiments pour lui ont toujours été sincères et fidèles, à ce moment, envisager une rupture me serait difficilement supportable.

Il est approximativement 18 h 15 quand nous arrivons à mon domicile, je signe le bon de transport, mon chauffeur m’accompagne avec mes affaires jusqu’à la porte. Par politesse, je lui propose un café, mais il refuse, il lui reste encore de la route avant de rentrer, et la journée a été longue. De mon côté, la dernière heure de trajet m’a été des plus inconfortables, c’est avec de fortes douleurs qu’il me tarde de me poser. Je referme la porte, j’embrasse mon conjoint et le prends par le cou afin d’avoir un câlin. De son côté, il m’enlace légèrement, et en vient rapidement au fait qu’il a acheté tout ce que je lui ai demandé pour effectuer mes soins dans les meilleures conditions. Je le remercie… C’est l’heure de mon soin, je file dans la chambre…

  • Je m’attendais à de chaleureuses retrouvailles, il n’en est rien. Habituellement bienveillant, aujourd’hui il est distant, froid. Aucun câlin, aucun compliment, il est figé devant la télé, je suis seule à faire la conversation. Le reste de la soirée sera du même acabit… Malgré sa présence, je sens une grande solitude qui me gagne, je comprends son impuissance face à la situation, mais je prie afin qu’il se reprenne pour m’accompagner dans l’épreuve que je traverse. La soirée s’achève, nous partons nous coucher, et là où habituellement il vient contre moi, ce soir il n’en est rien…

Mercredi 11

Il est 5 h du matin quand le réveil sonne pour mon conjoint, il se lève pour se préparer, moi je me rendors aussitôt. Il me pose un baiser sur le front avant de partir, je me réveille à nouveau, mais épuisée, je n’arrive pas à me lever de suite. Cette journée marque le début de mon protocole de soin, je vais devoir effectuer mes dilatations quatre fois par jour durant deux mois pour commencer, soit toutes les six heures. C’est donc à 6 h, 12 h, 18 h et minuit que je vais devoir les effectuer. Je fais mon premier soin, et je me remets au lit, j’ai accumulé beaucoup trop de fatigue ces dernières 24 h.

Malgré tout je peine à dormir, j’ai en tête que je dois envoyer mon arrêt de travail à mon employeur et la facture de l’hôpital à la mutuelle. Midi je fais mon soin et nous échangeons quelques SMS, qui, une fois de plus, vont me laisser sans voix:

12 h 03:👋 coucou xxxx, je viens de finir l’administratif, je file faire mon soin, gros bisous tendres 😘💋💋💋

12 h 18 : j’ai un message de xxxxxx au sujet du cap. Tu peux me dire l’endroit que l’on a loué pour septembre ?

12 h 18 : Héliopolis.

12 h 19: Merci ma chatte.

12 h 43: Je veux pas faire ma jalouse, mais je reste sceptique sur ce genre de demande… 😑

12 h 44: ? ??

Je ne reponds plus…

À ce moment, je réalise deux choses : tout d’abord, il a communiqué son numéro de téléphone à sa conquête de samedi soir ; par la suite. Il organise actuellement le fait de la revoir pendant NOS vacances. Une nouvelle fois, je déclenche une crise d’angoisse, c’en est trop, je comptais clore cette affaire, mais je dois absolument lui parler. Mon esprit s’embrouille, je suis incapable à ce moment de comprendre comment je vais bien pouvoir gérer la situation. Je tente de me remettre au lit en ce début d’après-midi, mais trop de choses me tournent dans la tête, je n’arrive pas à m’endormir. Il va en être de même les deux jours suivants, je dors très peu, et vu la quantité de stress accumulé, mes soins sont douloureux, une épreuve quotidienne…

Vendredi 13 <le basculement>

Ces dernières 48 h, je n’ai dormi que quelques heures, six ou sept tout au plus. En cause, la situation actuelle. Je finis simplement par tomber d’épuisement. Ça tourne en boucle dans ma tête, j’essaie de trouver la manière la plus soft pour lui en parler sans le froisser. Sa visite est prévue ce jour vers 13 h, je suis extrêmement angoissé, et je redoute notre rencontre. Voici quelque temps déjà que je ne me sens plus libre de parler ouvertement, il a montré des signes d’une certaine autorité, me reprend, et impose ses choix. N’osant avouer mon échec auprès de mes amis, personne n’a été informé, je garde pour moi cette charge, qui, au fil des mois, affecte mon moral. 

Il arrive à l’heure comme convenu, il rentre, je l’embrasse rapidement, et je vaque à mes obligations. Très rapidement il constate que quelque chose me perturbe, et il me demande ce qui m’arrive. Je lui répond alors:

  • Non, ça ne va pas bien, voici deux jours que je n’ai presque pas dormi, il faut que l’on discute, mais je vais t’expliquer.

Il s’installe au canapé, et je prends place dans le fauteuil de bureau à sa gauche au bout de la table basse. Je prends mon courage et commence par lui dire:

  • Écoute… On s’est toujours dit que ce qui se passe au club…

Stop, fin de la phrase, il me coupe la parole, et subitement il se met à m’aboyer dessus.

  • Écoute-moi… J’ai xx ans, tu vas pas me faire la leçon, je suis libre de faire ce qu’il me semble, venant de toi, et après tout ce que je fais pour toi, je suis extrêmement déçu. En plus, elle est super sympa, elle a à peu prés mon âge, je lui ai même parlé de ta vaginoplastie. Je lui ai dit que tu étais à l’hôpital. Donc commence pas avec ça, sinon ça va être vite réglé, on ne sortira plus comme ça il n’y aura plus de problème. Toi aussi tu es déjà sortie, je t’ai jamais fait d’histoire…

Je le reprends et lui répond:

  • Oui je me suis amusée, mais je n’ai jamais « baisé » avec qui que ce soit, je sors seule, mais je te respecte.

Et il me recoupe la parole :

  • Comment ça je te respecte pas, avec tout ce que j’ai fait pour toi…

Et ça continue comme ça pendant près de cinq minutes.

Je suis stupéfiée par sa réaction, je reste sans voix, j’ai la respiration coupée. Je n’ai plus de mots pour décrire ce qu’il se passe. Enfin le calme revient, un silence de plomb remplit la pièce, plus un mot, rien…

  • Je suis sidérée par ses propos. Ce que tu fais pour moi te donne-t-il le droit de me mettre plus bas que terre ? Te donne-t-il le droit de parler à une inconnue de ce que j’ai dans la culotte ? Te donne-t-il le droit d’aller « baiser » pendant que je suis à l’hôpital ? Dans le déni le plus total, et connaissant mon passé de violence familiale et conjugale, il se permet de reproduire le même schéma. Cette agression réveille chez moi de vieux souvenirs que je ne suis pas en mesure de tolérer. Je ne décroche plus un mot de la journée, jusqu’à l’heure du repas. De son côté, il ne décroche pas de la télé, sans un mot également.

Le reste de la soirée se déroule dans la même ambiance, nous sommes chacun de notre côté assis sur le canapé, le silence règne, je suis terrorisé par la situation. J’essaie tout de même de faire bonne figure. Avant de partir faire mon dernier soin de la journée, je l’embrasse. Pour la première fois je ne ressens rien, fini les petits papillons dans le ventre, cette saveur tiède du baiser, c’est ébranlé que je regagne ma chambre. À mon retour, il s’est endormi, je le réveille pour qu’il regagne le lit, pas un bisou, ou une bonne nuit, je suis la fautive, ce soir c’est hôtel du cul tourné. Le lendemain matin, je me lève peu avant son départ. Bien qu’il ait 15 minutes d’avance, il m’embrasse rapidement, me souhaite une bonne journée et prend la route.

Les jours suivants…

Me voilà donc en mode survie, je suis à peine sortie de l’hôpital, je suis en pleine convalescence, j’ai mes soins quatre fois par jour, la fatigue de la cicatrisation, et pour finir le conflit avec mon conjoint. Nous continuons tout de même à nous envoyer des SMS régulièrement. En revanche, désormais je reste très factuelle, de crainte d’un nouvel excès de colère, j’évite tout sujet sensible. 

Côté santé, c’est compliqué, j’ai un bel œdème à l’entrejambe, des saignements réguliers, un mélange éprouvant de contractures et de douleurs lors de mes dilatations, mais comme je l’ai toujours fait, je me bats, toujours et encore.
« L’histoire de ma vie…»
Quoi qu’il en soit, je n’ai pas le choix, cette opération, c’est principalement pour moi que je l’ai faite, et sa réussite dépend de la qualité des soins que j’apporte au quotidien. Je n’aurai peut-être pas le soutien de mon conjoint, mais je compte bien me battre pour obtenir cette victoire, elle m’appartient…

Week-end du 21

Samedi : en ce début d’après-midi, mon conjoint est de retour. Je ne vous cache pas l’enthousiasme que j’ai de le revoir. Mais, j’ai beaucoup de compassion, je pardonne, même les faits les plus graves, et je ne souhaite pas voir ce que nous avons construit s’écrouler du jour au lendemain. À l’inverse, il ne le sait pas, mais à compter de ce jour il est en phase de test. Je compte bien analyser son comportement, ses propos dans les moindres détails. Il m’a peut-être mis un genou à terre, néanmoins il n’a pas gagné la bataille pour autant. Femme échaudée craint l’eau froide…

Toujours pareil; l’ambiance n’est pas au beau fixe, il reste assis sur le canapé, me parle peu, regarde en boucle ses chaînes infos à scandale, moi, je suis à côté de lui, la majeure partie du temps sur mon téléphone. C’est encore moi qui lui prends la main de temps à autre, lui ne faisant aucun effort pour se rapprocher de moi. Alors si, il me fait les courses, mais il me rappelle : « Tu as vu ce que j’ai fait ». Alors, j’attends… Un signe, un geste, une parole bienveillante de sa part, mais rien ne vient, il reste dans son déni, c’est moi qui l’ai mis en colère. 

Je vais devoir prendre mon mal en patience, d’autant plus qu’il reste jusqu’à mercredi matin, date à laquelle il reprend le travail. Je fais tout pour être agréable, je l’embrasse chaque fois que je vais faire mes soins, je lui prends la main. Mais aucune réaction de sa part, comme si un mur nous séparait. J’en arrive à me poser la question :
« « Est-il heureux d’être là avec moi ou se sent-il tout simplement obligé ? » »
 

Puis, une petite phrase qui a son importance vient me questionner.

  • — « À quelle date dois-tu remonter à Lyon pour ta visite ? »

Cette phrase a toute son importance, nous en avions discuté durant mon séjour, et il est convenu qu’il m’accompagne. Je ne relève pas, mais je compte bien remettre le sujet sur le tapis, mais un peu plus tard… Pour le moment je laisse venir…

C’est ainsi que se déroule notre week-end, triste, sans saveur, à se parler le minimum du temps, figés devant une télé monotone. Je mettais un peu d’espoir pour ces quelques jours, il n’en sera rien, sa présence est inodore, les jours insipides… 

Mercredi 25 et autres…

Conclusion

La fin du mois est triste, je suis une machine réglée à mes heures de soins quatre fois par jour, le rythme est compliqué à tenir. Je dors par étapes de quelques heures. La plupart du temps je ne me rendors pas de la journée. Les évènements en cours m’épuisent littéralement, je mène deux combats de front simultanément. Nerveusement, je suis au bord du gouffre, prête à éclater. Malgré tout je garde ma dignité, cette femme forte comme le roc, inébranlable. La réalité, il en est tout autrement : les forces me lâchent, il ne faudrait pas grand-chose de plus, pour que je m’effondre sur place.

Mais je garde en tête cette priorité absolue, MOI, ma convalescence en dépend.

« Nul ne devrait dépendre du bon vouloir de quelqu’un d’autre.»

Sandy ❤️

💬

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Mon parcours et ma résilience sont une étape de ma vie que je partage avec vous. Si vous souhaitez me laisser un mot de soutien, une réflexion ou simplement votre ressenti après cette lecture, l’espace des commentaires vous est ouvert. Je vous lis avec une attention toute particulière. Sandy ❤️

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